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Archives du maître du savoir : Une introduction aux études aedriques

Phrastus d'Élinhir, dans son nouveau livre, partage des fragments de son expertise et répond à quelques-unes de vos questions.

Cet épisode des archives du maître du savoir traite des Aedra et des Daedra, en se concentrant sur les premiers. Découvrez un nouveau livre riche d’enseignements et les réponses toutes aussi riches de Phrastus d'Élinhir, illustre érudit de la Deuxième Ère.

Prochainement, l’abbé Crassius Viria de l’ordre de la Phalène ancestrale répondra à vos questions sur la mort et le destin des âmes. Envoyez vos questions sur ce thème (ou sur le savoir qui y est lié) à community@elderscrollsonline.com et vous pourrez peut-être en lire les réponses dans l’article à venir !


Une introduction aux études aedriques

Compendium des conférences de Phrastus d'Élinhir.

Cette série de cours magistraux vous apportera une instruction rigoureuse sur la nature et l’histoire des forces Aedriques, leurs manifestations et leur influence sur le Mundus, ainsi qu’un panorama des théories modernes les plus communes au regard des sujets controversés qui leur sont associés. Une lecture préliminaire à chaque session étant requise, la compréhension claire que vous aurez acquise de ces entités mythogènes sera une base suffisante pour une étude approfondie de nombre de disciplines, de la simple recherche historique à la théorie de la manipulation aetheroplanaire.

Vos présupposés culturels et personnels seront mis en question. Les superstitions populaires seront balayées, de la grossière contrevérité qui dépeint les Aedra comme de tout-puissants créateurs « bienveillants » abaissant leur regard vers Nirn, voire bricolant avec, à la croyance d’une guerre extramundique liant Aedra et Daedra pour l’éternité. Les recherches présentées dans ce cours ont, par le passé, offensé certains étudiants dogmatiques (particulièrement les fidèles des Divins), je vous en conjure, abordez ces sujets avec l’œil du savant et non celui du prêtre.

La compréhension des Aedra au-delà de la création mythologique ou des conventions des Divins vous élèvera vers l’érudition. L’approche précise que ce compendium exige vous enseignera la méthodologie nécessaire à la poursuite de vos recherches : étudier des textes rares et obscurs, décrypter des structures symboliques complexes et aborder chaque sujet d’un point de vue critique.

Suivent les cinq premiers sujets de cours :

Premier cours : Examen de l’origine des mythes

Deuxième cours : Interaction anuique-padomaïque

Troisième cours : Aedra contre Daedra

Quatrième cours : Les énergies aedriques et leur influence

Cinquième cours : Au-delà des presque-Divins

Des connaissances extérieures au cours ainsi que des prises de notes diligentes sont nécessaires à la bonne compréhension de ces cours. Tous les ouvrages référencés et nécessaires peuvent être trouvés dans les bonnes librairies à la surface de ce monde. N’attendez pas le dernier moment pour préparer ces cours, car certains textes particulièrement anciens et obscurs n’existent qu’en quelques exemplaires.

Vous êtes bien sûr invités à approfondir certains des sujets présentés plus avant. Vos connaissances fraîchement acquises des entités aedriques, leur implication dans la Création, une compréhension générale de leurs relations avec les Huit Divins ainsi que la découverte des récentes controverses vous propulseront vers de nouvelles recherches. En complément, je vous invite à consulter les ouvrages de frère Hetchfeld, frère Mikhael Karkuxor et d’Aicantar d'Étincelance (les autres auteurs seront référencés pendant les cours). Soyez toujours vigilant lors de vos recherches et, quoi qu’il advienne, écartez-vous des travaux biaisés ou de piètre qualité, comme ceux Cinabre de Taneth par exemple. Cherchez toujours la contradiction et ne prenez pas le moindre mot érudit pour une vérité absolue.


Phrastus d'Élinhir répond à vos questions :

« Je nourris un intérêt profond pour le point de vue des religieux altmeri. Il me serait précieux d’avoir votre éclairage sur le rôle que joue Anui-El dans le panthéon altmer. Une acolyte du temple d’Arui-El m’a expliqué qu’Anui-El était l’âme d’Anu, le Tout, et « l’âme-père » d’Auri-El. Elle m’affirma que ce temple était érigé en l’honneur d’Anui-El, et non d’Auri-El, et que ce n’était qu’un parmi tant d’autres. J’ai lu aussi que les Altmer avaient pour vocation de défendre « la volonté d’Anuiel ». Anui-El est-il alors une sorte de haut-roi, chef suprême au-dessus même d’Auri-El ? Ou bien y a-t-il, au sein même de la religion altmer, un mélange des rôles ? Ce point de vue a-t-il teinté la foi brétonne, sachant qu’elle comporte des influences elfiques ? » - Aythan Uthywur

Phrastus d'Élinhir : « C’est une erreur majeure de personnifier Anuiel, l’essence de l’ordre, à l’instar de la personnification de Sithis, l’essence du chaos. Il serait plus juste de les considérer comme des principes cosmiques qui imprègnent l’Aurbis. Dans la mesure où Anuiel est l’essence ordonnée de tous les Aedra, il est juste de dire que tous les temples elfiques lui sont dédiés. Quand une haut elfe prétend qu’elle « défend la volonté d’Anuiel », il faut entendre, à la manière fleurie des elfes, qu’elle dicte les nouvelles lois que les autres devront suivre. »


« Je suis un peu perdu dans cette affaire des Aedra contre les Deadra. Pourquoi il y a des « bons » Daedra comme Azura, Méridia, etc. ? Ils ont l’air beaucoup plus compliqué que de simples démons. » - Rick

Phrastus d'Élinhir : « Dans la mesure où les Daedra sont les et’Ada du chaos, la complexité fait partie de leur nature profonde. Ils refusèrent de participer à la création du Mundus et la plupart d’entre eux sont hostiles aux humains, intentionnellement ou fortuitement. Mais les princes Daedra sont au-dessus des simples catégorisations « bons » ou « mauvais », à l’exception notable de Molag Bal et Mérunès Dagon, qui sont absolument abominables. »


 

Existe-t-il chez les Aedra des esprits mineurs ? Peuvent-ils être invoqués/contactés ? Comme on peut invoquer leur contraire, les Daedra mineurs. Et si tous les Aedra étaient morts et/ou indisponibles, cela du au fait qu’ils sont en réunion pour la création de Nirn, quelqu’un pourrait-il invoquer un esprit d’Aetherius, peut-être un Magna-Ge ? Fimmp

Phrastus d'Élinhir : « Les Aedra mineurs existent, définitivement, mais on les rencontre rarement, Mundus étant considéré comme hors de leur frontière depuis que Magnus l’a retiré au moment de la création. Je n’ai connaissance d’aucune tentative fructueuse lors d’un contact avec ces esprits, probablement parce que les Aedra ne répondent pas aux mortels, du moins pas depuis les âges mythologiques.


BIEN, je sais que lorsque Mundus a été créé, les Aedra ont sacrifié une large part de leur pouvoir pour ancrer le plan de la création et qu’à présent ils ne sont essentiellement plus qu’une enveloppe privée de sa substance. Mais ma question est la suivante : la perte de leur pouvoir est-elle permanente ou le regagnent-ils  lentement avec le temps. - Captain_P

Phrastus d'Élinhir : « Cela semble improbable, étant donné que l’on admet la réalité créée par ce sacrifice, car la restauration des Aedra impliquerait un déclin ou un affaiblissement du Mundus. Absolument aucun amoindrissement de ce genre n’a été constaté. »


POUR EN SAVOIR PLUS

L'adoration des Daedra : les Chimers


Par Phrastus d'Élinhir

L'histoire de l'adoration des Daedra par les Elfes jadis appelés Chimers est l'occasion d'une excellente leçon de choses quant aux dangers inhérents au commerce avec les soit-disant princes de l'Oblivion. C'est une histoire de périls que les apologistes de l'adoration des Daedra contemporains, comme dame Cinabre, feraient mieux d'écouter.

Commençons par quelques faits que même la Musaraigne de Taneth ne saurait nier. Les Aedra (les Dieux, les Divins) créèrent Nirn à partir du chaos de l'Oblivion. Ils prirent forme physique dans le plan mortel, le Mundus, et d'après les mythes des Elfes furent les ancêtres directs des Aldmeri. Pour les Elfes de l'Ère de l'Aube, les Aedra étaient les objets naturels de leur adoration, et les premières religions organisées vénéraient ces divins.

Néanmoins, une fois que Nirn fut engendrée, les Aedra se retirèrent se leur création, devenant distants, réservés et désintéressés par les affaires des mortels. Mais au-delà du Mundus, dans les possibilités infinies de l'Oblivion, existaient d'autres entités d'essence divine de grand pouvoirs appelées Daedra (littéralement, les non-Aedra), qui se piquèrent d'un intérêt malsain pour le domaine que les Aedra venaient de créer. Certaines des plus puissantes de ces entités, les soit-disant princes Daedra qui dirigeaient leurs propres plans d'Oblivion, étaient même jalouses des mortels de Nirn, car ils avaient hérité de la capacité créatrice des Aedra. Cette capacité leur échappait, car bien que capable de changement et de métamorphose, ils ne pouvaient rien créer qui n'existât pas déjà.

En revanche, leur point commun avec les jeunes mortels de Nirn était le goût du pouvoir sous toutes ses formes. Ce désir corrupteur est le fondement de toute adoration de Daedra par les mortels : les princes récompensent vénération et service par le pouvoir. Bien souvent, il prend la forme du savoir, la tentation la plus séduisante que peuvent offrir les Daedra, et celle qui semble la plus innocente.

Pour illustrer l'efficacité de ce pouvoir de séduction, méditons sur les premiers Aldmers du Couchant. Bien qu'ils aient eu l'arrogance de se considérer comme les descendants directs des Aedra, la première secte religieuse de grande ampleur à épouser l'adoration des Daedra naquit en plein cœur du Couchant lui-même. Là, dans l'ombre arc-en-ciel du la Tour de cristal, le soit-disant Prophète Véloth fit communion avec le prince Daedra Boéthiah et accepta ses dons. Il rédigea les prophéties Vélothi, qui instituaient la vénération des « bons Daedra » (Boéthiah, Azura et Méphala) ainsi que des façons de se concilier et de négocier avec les « mauvais Daedra » (Molag Bal, Malacath, Shéogorath et Mérunès Dagon).

Pour les moins avisés parmi les Aldmers du Couchant, les arts et les savoirs que les bons Daedra offraient de leur apprendre semblaient plus utiles que les maximes et les platitudes des prêtres des Aedra, et nombre de clans Elfes prirent Véloth pour prophète et guide. Quand les sapiarches d'Alinor interdirent à juste titre ce schisme, Véloth mena les clans qui lui étaient loyaux hors des Îles, par-delà les mers jusqu'à l'autre bout de Tamriel, où ils colonisèrent la région désormais appelée Morrowind. Les fidèles de saint Véloth, qui se firent appeler Chimer, étaient prêts à troquer le paradis qu'était le Couchant doré pour le purgatoire de Morrowind la cendreuse, tout cela pour les « dons » illusoires des Daedra. Les Chimers bâtirent d'imposants temples à Boéthiah, Azura et Méphala, et établirent des rites religieux qui furent plus tard cooptés par le Tribunal.

Comme même les débutants en histoire le savent, ce commerce à grande échelle avec les Daedra mena inévitablement à la guerre et à la catastrophe. La civilisation chimer s'effondra durant la bataille du Mont Écarlate, et la malédiction d'Azura, leur traîtresse maîtresse, transforma les brillants Chimers en Dunmers sombres et anxieux. Après cet événement et sous la houlette du Tribunal, Morrowind tourna le dos à l'adoration des Daedra ; mais le mal était déjà fait.

De nos jours, les Daedra sont craints et abhorrés partout en Tamriel, et à juste titre. Pourtant, malgré les leçons sans équivoque de l'histoire, certaines âmes égarées insistent toujours pour que le commerce avec les princes Daedra soit toléré, et même accepté. À ceux-là, dont vous faites partie, dame Cinabre, je dis : « prenez garde ! » Un pacte daedrique a-t-il connu un jour une fin heureuse ?


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